Poster: Preuve d'un apport exogène vers le colliculus supérieur en tant que source d'inhibition des mouvements saccadiques.
Notre équipe a présenté des résultats préliminaires concernant un test susceptible de devenir un test de référence dans le diagnostic préclinique de la maladie de Parkinson. Bien que des études complémentaires soient nécessaires pour valider cette hypothèse, nous sommes ravis de partager ce poster et de fournir davantage d’explications ci-dessous.
La maladie de Parkinson
Quelques faits sur la maladie de Parkinson
- La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus courante ; il s’agit d’une affection invalidante qui toucherait près de 9 millions de personnes dans le monde. [source]
- La maladie résulte d’une dégénérescence des structures produisant de la dopamine, ces « cellules messagères » qui contribuent à contrôler de nombreuses fonctions, notamment le mouvement et l’humeur. Les symptômes sont communs à divers troubles. Le diagnostic est donc difficile à établir, ce qui conduit 25 % des patients à recevoir un diagnostic erroné. [source]
- Il s'écoule en moyenne 13 mois entre l'apparition des symptômes et le moment où les patients reçoivent un diagnostic [source]. À ce stade, jusqu'à 65 % des neurones produisant de la dopamine ont déjà été perdus. [source]
- Près de 200 essais cliniques sont actuellement en cours pour tester différentes thérapies [source].
Comment cette maladie est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic est principalement clinique : les médecins évaluent les symptômes (tels que les tremblements, la rigidité ou les troubles de la marche) et notent leur évolution à l’aide de différentes échelles d’évaluation cliniques.
Dans certaines circonstances, le diagnostic peut être confirmé par imagerie. De plus, un biomarqueur récemment validé a été découvert dans le liquide céphalo-rachidien, c’est-à-dire le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière.
Peut-on la traiter ?
Il n’existe pas encore de remède. Cependant, il existe des traitements permettant de soulager les symptômes, tant moteurs que non moteurs. De plus, de plus en plus d’éléments indiquent qu’une activité physique intense peut ralentir la progression de la maladie [source].
Peut-on la détecter plus tôt ?
Plusieurs initiatives visent à faciliter le diagnostic de la maladie de Parkinson avant l’apparition des symptômes. Cela permettrait de commencer le traitement plus tôt, dans l’espoir de ralentir, d’arrêter, voire d’inverser la progression de la maladie avant que les dommages ne soient trop importants.
- Il est donc crucial pour les patients de réduire le délai de diagnostic.
Un test prometteur basé sur les mouvements oculaires
Les mouvements oculaires
Les scientifiques étudient les mouvements oculaires depuis plus de 120 ans. Ils ont réussi à identifier ce qu’on appelle la « signature oculomotrice » de nombreuses zones du cerveau. Ces comportements liés aux mouvements oculaires ont été étudiés chez des sujets sains, chez des patients et sur des modèles animaux. En d’autres termes, en observant la façon dont les yeux se déplacent, nous pouvons localiser les parties du cerveau qui ne fonctionnent pas comme prévu.
Les saccades sont des mouvements oculaires rapides qui font passer le regard d’une cible à une autre. Les scientifiques s’intéressent notamment à la latence de la saccade, c’est-à-dire à l’intervalle de temps entre l’apparition de la cible et le début du mouvement oculaire vers cette cible. Concrètement, on demande aux sujets de « regarder le point qui va apparaître sur un côté ». Lorsque cette tâche est répétée plusieurs dizaines de fois pour un même sujet, les latences des saccades varient généralement autour d’une valeur maximale comprise entre 120 et 250 millisecondes.
L’inhibition induite par le masque (MII)
Dans cette affiche, nous approfondissons l’étude de l’inhibition induite par un masque(MII). Le masque est une grille de points qui recouvre l’écran 90 millisecondes seulement après l’apparition de la cible (voir la figure ci-dessous). Lors du test MII, les instructions données au sujet restent les mêmes, mais l’apparition de ce masque perturbe le mouvement oculaire saccadique.

- Le premier groupe comprend les saccades dont la décision avait déjà été prise avant l’apparition du masque. Celles-ci ne sont pas affectées.
- Dans le deuxième groupe, en revanche, la latence des saccades est accrue car le masque a perturbé le mécanisme de décision impliqué dans le déclenchement d’une saccade. En d’autres termes, le début de ces saccades est retardé par l’apparition du masque. C’est ce qu’on appelle l’inhibition induite par le masque.

Figure 2 : Le colliculus supérieur (SC) (situé derrière le point rouge sur l’image) est chargé d’orienter l’attention vers une cible d’intérêt.
Le test d’inhibition induite par un masque perturbe le mécanisme d’attention chez les sujets sains. L'effet appelé « inhibition saccadique par masquage » était déjà connu chez les sujets sains [source]. Mais son impact sur les patients n'avait pas encore été étudié.
Les résultats préliminaires présentés dans cette affiche
Voici la nouvelle révolutionnaire présentée dans notre affiche. Nous présentons le cas d’un sujet, parmi les 25 personnes testées, chez qui le masque n’a eu aucun effet sur la latence. Chez ce sujet, les saccades n’ont pas été affectées par la présence du masque. Cinq ans plus tard, cette même personne a reçu un diagnostic de maladie de Parkinson (MP)!
· La MP affecte les ganglions de la base, un ensemble de structures cérébrales interconnectées qui gèrent des processus complexes influant sur la capacité à bouger, à apprendre ou même à gérer ses émotions. Étant donné que le test s'est révélé infructueux chez ce patient, nous en déduisons que ces ganglions de la base pourraient être impliqués dans l'inhibition saccadique du masque.
· Et comme le diagnostic n’a été posé que cinq ans plus tard, cela indique que la dégradation des ganglions de la base pourrait avoir un effet très précoce sur le test MII, des années avant l’apparition des symptômes cliniques.
L’affiche montre également que l’effet du masque pourrait également être reproduit à l’aide de deux tâches manuelles simples nécessitant un ordinateur et un casque audio, ouvrant ainsi la voie à un test de dépistage encore plus simple.
Ce que cela pourrait signifier pour les patients
Ces premiers résultats ouvrent la voie à un test simple et non invasif, basé sur l’analyse des mouvements oculaires et réalisable en moins de 20 minutes, qui permettrait de diagnostiquer la maladie de Parkinson plusieurs années avant l’apparition des symptômes visibles. Sous réserve des confirmations nécessaires sur un plus grand nombre de patients, le test d’« inhibition induite par un masque» pourrait devenir un test de référence dans le diagnostic présymptomatique de la maladie de Parkinson.
Cela ouvre de grandes perspectives pour les patients, les praticiens, les soignants et même l’industrie pharmaceutique:
· Mettre fin à l’errance diagnostique
· Traiter les symptômesavant qu’ils ne s’aggravent
· Identifier rapidement les candidats potentiels aux essais cliniques
Prochaines étapes
Au cours des prochains mois, neuroClues s’attachera àr eproduire ces résultats auprès d’un plus grand nombre de sujets témoins et de patients. L’objectif de cette prochaine étude est de générer des données scientifiques et cliniques solides permettant aux neurologues d’utiliser ce test MII comme outil de diagnostic dans les années à venir.
Il va de soi que les patients asymptomatiques ne consultent pas un spécialiste. Le succès de ces tests de dépistage réside dans leur capacité à s’intégrer au bilan annuel chez le médecin généraliste ou au dépistage des troubles de la vue. Rendre ces innovations accessibles à un plus grand nombre de patients est ce qui anime notre passion chez neuroClues. Souhaitez-vous échanger sur le potentiel à long terme de ces premiers résultats ? N’hésitez pas à nous contacter.
Et dans tous les cas, restez à l’écoute pour suivre les développements à venir!
Remarque
L'affiche présente deux innovations développées au sein de l'entreprise:
· L’utilisation du test d’inhibition du masque saccadique oculomoteur chez les patients atteints de la maladie de Parkinson
· L’extension du test d’inhibition du masque saccadique au-delà du domaine des tests oculomoteurs
neuroClues® est une marque déposée de P3Lab, actuellement en phase de recherche et développement. Elle sera commercialisée dès l'obtention de l'autorisation réglementaire.
Poster
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